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Et voilà notre Gaspard qui fait bonne sieste
adossé bien calé contre une grosse souche.
Un soleil de début d'automne irise la forêt
ajoutant à ce tableau une touche de magie.
Depuis la berge arrivent à pas feutrés,
trois jeunes chevreuils venus boire à l'étang
en compagnie de Follette, la simplette du village.
Mais Follette n'est pas folle loin de là,
c'est une magicienne discrète et effacée.
Seulement, elle entretient les petits bavardages
quand elle adopte au village sa drôle de démarche.
Sur la rive aux roseaux peuplés de libellules,
au bruit sec d'une brindille, Gaspard tressaute.
Il ouvre l'œil et voit la Follette près de l'eau
une branchette à la main tendue vers le ciel.

Une image de conte de fées me direz-vous.

Mais la racine qui craque quand Gaspard se lève

fait tout à coup détaler nos trois faons,

suivis de Follette qui sursaute d'effroi.

Dans sa fuite soudaine et désordonnée

la fine branchette atterrit dans les fougères.

Voilà comment Gaspard trouva cette baguette
sur le rivage de l'étang de Marchaud.
Ce jour-là il fit belle récolte, à ce point
que tous ses paniers et bourriches débordaient.
Il revint au lendemain et fit autant bombance,
cent poissons, gardons, perches et truites.
Chaque fois que Gaspard pêchait à Marchaud
il rentrait chez lui la hotte bien garnie.
En ce début d'hiver, au chaud devant le feu
fricassée l'alevins et questions qui se posent...
Au soir venu, à la lueur blafarde des lanternes
il s'enquit de retrouver la Follette
pour lui rendre l'étrange instrument.
Elle n'en voulut point.
Alors Gaspard ouvrit une poissonnerie à Ambert.
Fanefollette, elle, continua sa vie de fée
à inspirer bon cœur et bonne chance.


Âme : fragments de météorite.
Magnétite

Cette baguette enchantée à la courbure torve
vient de l'étang de Marchaud, dite la "mare chaude"
à l'époque des Rois, cerfs et baronnets.
Gaspard y pêche à la ligne l'ablette et le goujon.
Ce prête-bras à tout faire, le bienvenu aux moissons
chemine routes et sentes toujours à dos de mulet.
Au bouchon impassible le temps se défile et s'effile
comme un très long ricochet qui traverse le lac.
Pas un frisson, ni sursaut, ni touche d'aucune sorte.
Le fretin se fait attendre au bout de l'hameçon.