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Vipérine

"Isidore le sourd" est un moine contemplatif
exilé en Livradois sous tutelle de l'ordre cistercien.
Ascète et ermite, il habite le "Fayet-Ronaye",
un hameau auvergnat de quatre maisons
pourvu d'une chapelle qu'il visite chaque jour.
À la lisière de la forêt, son humble demeure
donne plein sud et pleins vents aux heures estives.
Le visage sérieux, barbe courte et tonsure
un nez de Cyrano et le regard absent,
voilà notre paroissien à l'oreille défaillante.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Isidore vit de son jardin, du lait de ses chèvres et brebis
dont il affine au frais, dans l'obscurité de sa cave,
quelques tommes goûtues et palets d'artisons.
Cela lui suffit pour vivre et cultiver son sacerdoce.
Isidore est aussi herboriste. Floriculteur de renom.
Ses philtres, ses élixirs et ses potions guérissantes
sont souvent évoqués comme étant miraculeuses.
Mais sous la rude pèlerine se cache une autre âme,
celle d'un homme déchiré entre le bien et le mal,
entre ce que dit l'église et la pratique magicienne...
Souvent il descend au ruisseau de l'Échandelon
pour y méditer et tantôt admirer l'œuvre de Dieu.
Laissez-moi vous guider jusqu'au seuil de l'Éden...
La clarté de l'eau vive, fraîche, bonne à boire,
les éclats du soleil qui dansent dans le torrent
et la bordée de jonquilles qui longe son rivage
font se rejoindre ici l'éternité et le temps qui passe.
Tout concourt au recueillement et à la paix intérieure.
Mais c'est sans compter le retour à la maison...
Sur l'étroit raidillon qui remonte à Ronaye,
caillouteux tout du long, surchauffé de soleil,
un mauvais aspic lui piquera la jambe!
Dans sa vie Isidore s'est fait mordre moult fois
dont une mémorable qui faillit bien lui coûter la vie.
Orvets, fourbes couleuvres, vipères des montagnes
et même l'inoffensif lézard ont la fâcheuse habitude
de lui croquer le mollet lors de ses béates balades.
Cette fois-ci, il aura tout juste le temps et la force
d'arriver chez lui pour boire le précieux antidote.
Le cœur qui bat le tocsin et la vision qui se trouble
lui donneront le curieux sentiment d'être déjà mort.
Isidore s'en remettra non sans peine et sans séquelles
mais assurément décidé à conjurer l'infortune.
Y voyant là un signe divin plus que le fruit du hasard,
Isidore trouvera dans les pages de ses grimoires
comment enchanter le bois, la branche et la racine
pour éloigner tous les serpents fussent-ils assoupis.
Sculpteur à ses heures, la fine gouge et le ciseau
n'ont plus de secret pour lui ni pour ses doigts calleux.
Il confectionnera cette tortueuse baguette
aux reliefs serpentaires et à l'écorce rugueuse.
Portée à la ceinture telle une dague ou à la main
tous les reptiles à la ronde détalent comme des lapins...
Pour terminer cet étrange fable sur un ton léger :
désormais Isidore passera belles saisons en sandales
et s'en ira nus pieds arroser le verger.
À ce jour, nulle morsure pas même de caniche...
Racine de Buddleia (L'Arbre à papillons)
du jardin fantastique de Sibius Pasqat.

Âme : Rose des sables.
Fer magnétique.

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